Alexandre Morin
MP* — Louis-le-Grand
“La prépa m'a appris que l'intelligence ne suffit pas — c'est la régularité et l'humilité qui font la différence.”
Quand je suis arrivé en MPSI à Louis-le-Grand en septembre 2021, j'étais persuadé que mes facilités au lycée suffiraient. Premier DS de maths : 6/20. Un véritable choc. Autour de moi, tout le monde semblait comprendre plus vite, aller plus loin. J'ai sérieusement envisagé de partir dès la Toussaint.
Ce qui m'a sauvé, c'est un prof de physique qui m'a pris à part après un cours. Il m'a dit : « Tu as le potentiel, mais tu n'as pas encore appris à travailler. » Cette phrase a tout changé. J'ai compris que la prépa, ce n'est pas un sprint pour les génies — c'est un marathon pour les obstinés.
J'ai mis en place une routine stricte : lever à 6h30, deux heures de travail personnel avant les cours, relecture systématique le soir même. J'ai arrêté de me comparer aux autres et j'ai commencé à me comparer à moi-même d'il y a une semaine. Les progrès sont venus lentement, puis d'un coup. En sup, je suis passé de 6 à 14 de moyenne en maths entre septembre et juin.
La spé en MP* a été un autre palier. Le niveau monte encore, les concours approchent, le stress s'installe. J'ai connu des moments de doute profond, notamment en janvier de ma deuxième année où j'ai fait un blocage complet sur un sujet d'oral blanc. Mon conseil le plus important : n'ayez pas honte de demander de l'aide. J'ai consulté la psychologue scolaire pendant deux mois, et ça m'a permis de gérer la pression des concours.
Le jour des résultats de l'X, je n'y croyais pas. Pas parce que je n'avais pas travaillé, mais parce que j'avais appris à mesurer la part d'incertitude dans tout concours.
Mes conseils concrets : — Ne sous-estimez jamais les petits exercices d'application. Aux concours, ce sont eux qui font la différence entre les candidats, pas les questions « étoilées ». — Trouvez un binôme de travail fiable. Mon binôme et moi, on se faisait des colles mutuelles chaque dimanche. C'est ce qui a consolidé ma compréhension des cours. — Prenez soin de votre sommeil. J'ai essayé les nuits blanches en sup. Résultat : deux semaines perdues à rattraper. Sept heures minimum, c'est non négociable. — Gardez une activité physique. Je courais trois fois par semaine, même 30 minutes. Ça m'a maintenu sain d'esprit.
La prépa n'est pas un chemin facile, même à LLG. Mais si vous êtes prêts à accepter l'inconfort et à vous remettre en question chaque jour, vous en ressortirez transformés — quelle que soit l'école que vous intégrerez.